RDUE : l’Alliance pour la Préservation des Forêts, le CIRAD et Canopée mobilisés pour évaluer la préparation des entreprises
À quelques semaines de l’entrée en application du règlement européen sur la déforestation (RDUE), l’Alliance pour la Préservation des Forêts (APF), le CIRAD et l’ONG Canopée Forêts Vivantes conduisent une étude consacrée à la préparation des entreprises et aux défis opérationnels de leur mise en conformité. Menés pour le compte du Comité scientifique et technique Forêt (CST-F), ces travaux visent à identifier les difficultés rencontrées sur le terrain, à valoriser les bonnes pratiques et à formuler des recommandations pour faciliter la mise en œuvre du règlement.
Comprendre les réalités opérationnelles des entreprises
Adopté en 2023, le règlement européen sur la déforestation vise à garantir que les produits concernés mis sur le marché européen ou exportés depuis l’Union européenne ne contribuent pas à la déforestation ni à la dégradation des forêts.
Son application, prévue à partir du 30 décembre 2026 pour les grandes et moyennes entreprises, implique des évolutions importantes dans l’organisation des chaînes d’approvisionnement : collecte des données de géolocalisation, traçabilité des matières premières, évaluation et atténuation des risques, vérification de la légalité ou encore transmission des informations entre les différents acteurs.
Si de nombreuses entreprises ont déjà engagé des démarches pour anticiper ces obligations, leur niveau de préparation et les solutions mises en œuvre varient sensiblement selon les filières, les territoires d’approvisionnement et la structure des chaînes de valeur.
C’est pour mieux comprendre cette diversité de situations et faire remonter les réalités du terrain que le CST-F a confié cette étude au consortium réunissant le CIRAD, l’APF et Canopée Forêts Vivantes.
Une démarche collective associant les entreprises des sept filières concernées
Lancée en juin 2026, l’étude repose sur une démarche participative associant des entreprises issues des sept filières couvertes par le RDUE : cacao, café, soja, huile de palme, caoutchouc, bois et bovins.
Elle combine plusieurs approches complémentaires :
- Une analyse documentaire des enjeux de mise en conformité et des solutions existantes.
- Une enquête auprès des entreprises pour évaluer leur niveau de préparation, les outils déployés et les principales difficultés rencontrées.
- Des entretiens approfondis avec des acteurs opérationnels des différentes filières.
- Deux ateliers de travail réunissant des professionnels directement impliqués dans la mise en œuvre du RDUE, agissant notamment dans les domaines de la traçabilité, de la gestion des risques, de la conformité et des achat afin de confronter les expériences, approfondir les problématiques communes et identifier des pistes de solutions.
Cette approche collective constitue l’une des spécificités du projet : partir des pratiques et des expériences concrètes des entreprises pour nourrir les réflexions et les recommandations.
Trois enjeux majeurs approfondis dans le cadre de l’étude
Au-delà de l’analyse transversale des difficultés rencontrées, les travaux s’articulent autour de trois études de cas.
L’inclusion des petits producteurs dans les chaînes d’approvisionnement
Comment choisir et déployer des outils de traçabilité, de géolocalisation et de vérification adaptés aux réalités des petits producteurs ? Quelles démarches permettent de prévenir leur exclusion des marchés européens tout en répondant aux exigences du règlement ?
La construction des déclarations de diligence raisonnée et la circulation des informations
Comment les premiers opérateurs organisent-ils la collecte, la vérification et la transmission des informations nécessaires à leurs déclarations de diligence raisonnée (DDS) ? Quels sont les principaux obstacles techniques et organisationnels rencontrés ?
Les stratégies de conformité et les coûts de ségrégation
Quelles stratégies les entreprises privilégient-elles pour sécuriser leurs approvisionnements ? Quels coûts, contraintes et risques sont associés à la séparation des flux conformes et non conformes au RDUE ?
Ces trois axes permettent d’explorer des problématiques qui dépassent la seule conformité réglementaire et interrogent plus largement l’organisation des chaînes d’approvisionnement, les relations commerciales et les conditions d’une transition durable.
Faire émerger des recommandations concrètes et opérationnelles
L’ambition de cette étude est double : dresser un état des lieux de la préparation du secteur privé et identifier les leviers susceptibles de faciliter une mise en œuvre efficace et pragmatique du règlement.
Les travaux visent notamment à mettre en lumière les bonnes pratiques, les besoins d’accompagnement, les possibilités de mutualisation des outils et les formes de coopération entre entreprises, fournisseurs, producteurs et acteurs publics.
Pour l’Alliance pour la Préservation des Forêts, ce projet s’inscrit pleinement dans sa mission de mobilisation et de dialogue entre les acteurs des chaînes d’approvisionnement. En favorisant le partage d’expériences entre entreprises de différentes filières et en contribuant à rapprocher les réalités opérationnelles des réflexions scientifiques et institutionnelles, l’APF entend participer à une mise en œuvre ambitieuse et efficace du RDUE.
Au-delà de l’échéance réglementaire, l’enjeu est aussi de faire de cette transformation un levier de progrès durable pour les filières et les territoires de production.
Premières restitutions le 4 novembre 2026 à Paris
Les résultats de l’étude et les recommandations qui en découleront seront présentés le 4 novembre 2026, à l’occasion de deux rendez-vous à Paris :
- Une restitution approfondie auprès du CST-F et ses membres, organisée dans la matinée dans les locaux de l’Agence française de développement (AFD),.
- Une restitution publique de 15h30 à 16h30 au Forum Biodiversité & Économie, événement organisé par l’Office français de la biodiversité (OFB) à la Cité des sciences et de l’industrie, à Paris.
Cette seconde rencontre permettra de partager les principaux enseignements de l’étude avec un public élargi et d’ouvrir le dialogue sur les conditions d’une mise en œuvre du RDUE conciliant efficacité opérationnelle, inclusion des producteurs et ambition environnementale.
Pour assister à la restitution publique :
Inscrivez-vous au Forum Biodiversité & Économie, puis ajoutez la session de restitution à votre programme.
Cette étude est réalisée par le CIRAD, l’Alliance pour la Préservation des Forêts et Canopée Forêts Vivantes pour le compte du Comité scientifique et technique Forêt (CST-F), plateforme d’expertise coordonnée par l’Agence française de développement (AFD), sous la tutelle des ministères français chargés de l’Europe et des Affaires étrangères, de la Transition écologique et de l’Agriculture.